Appel à communications Congrès AFS 2015, RT7 « Vieillesses, vieillissement et parcours de vie », échéance 23 janvier 2015

Appel à communications pour le 6ème congrès de l’AFS

Université Versailles Saint Quentin- juillet 2015

Réseau Thématique 7 « Vieillesses, vieillissement et parcours de vie »

 

L’appel à contributions couvre l’ensemble du champ thématique du réseau. Soit :

  1. L’étude du vieillissement comme processus social et comme construction collective : processus et expériences du vieillissement ; inégalités sociales, culturelles et de genre au cours de l’avancée en âge ; vieillissement au travail ; politiques de la vieillesse et structuration des rapports entre vieillesse et société ; transformations du parcours des âges, catégorisations et changements dans les représentations des âges ; rapports entre générations ; etc.
  2.  L’étude des modes de vie des retraités, des « personnes âgées », des « seniors » ou de sous-groupes particuliers ; formes du lien social à la retraite (vie familiale, sociabilité, sexualité, engagement associatif, mobilisation politique) ; étude des moments de transition (passage à la retraite, veuvage, entrée en maison de retraite) ; santé, vécu de la maladie et des handicaps, étude de l’usage par les gens âgés du système de santé et des établissements de soins et d’hébergement, etc.
  3.  L’étude des transformations des formes du vieillissement au regard des politiques publiques et des modes d’intervention auprès de publics âgés (mise en œuvre des lois sur la « dépendance » ; politiques locales de la vieillesse ; associations et professionnels travaillant auprès des personnes âgées ; établissements d’hébergement pour personnes âgées ; etc.)

Une attention particulière sera accordée aux propositions s’inscrivant plus particulièrement dans les perspectives ouvertes par la thématique générale du Congrès : « La sociologie : une science contre nature ? », puisque la sociologie de la vieillesse et du vieillissement est très directement concernée par le double questionnement, théorique et épistémologique, des spécificités de la démarche sociologique et de ses rapports à la nature et aux sciences de la nature.

En effet, l’approche biomédicale de la vieillesse s’est progressivement imposée auprès des décideurs publics et de l’opinion au point que le processus de vieillissement est aujourd’hui identifié d’abord comme un processus biologique irréversible de déclin cellulaire et fonctionnel, entraînant maladies et handicaps, et restreignant peu à peu les capacités des personnes et leurs périmètres de vie, voire l’intérêt de la vie même. Cette approche biomédicale est venue renforcer des représentations plus anciennes et très communes du vieillissement comme processus de rétrécissement linéaire et de restriction progressive de l’existence, au fil de l’accumulation des pertes et de l’accroissement des incapacités. Elle fonde également des conceptions des variations interindividuelles du vieillissement comme relevant d’abord de facteurs génétiques ou de facteurs « environnementaux » très larges (par exemple, l’exposition à des facteurs de risques tels que la pollution, la pauvreté), et non de facteurs proprement sociaux, c’est-à-dire relevant de la structuration des sociétés en groupes inégalement dotés et situés dans les hiérarchies sociales. La « dénaturalisation » sociologique de la vieillesse et du vieillissement implique ainsi une déconstruction et une analyse de ces représentations de la vieillesse comme déclin physique, de leurs usages sociaux, parfois ambivalents, et de leurs effets dans la pratique sociale. Dans cette perspective, nous attendons des contributions permettant d’enrichir, d’approfondir et éventuellement de renouveler ce travail sociologique de « dénaturalisation ». Pourraient ainsi être (re)questionnés, à travers divers objets : la notion d’âge biologique et les relations entre âge numérique – ou administratif -, âge biologique et âge social ; les notions de vieillissements réussis ou pathologiques ; les relations entre vieillesses, vieillissements et maladie.

Dans le prolongement de cette réflexion, nous proposons pour ce congrès une session commune avec le RT 19 (Santé, Médecine, Maladie et Handicap) que nous souhaitons consacrer aux relations entre « âges et maladies chroniques ». On sait en effet que l’incidence et la prévalence des maladies chroniques augmentent avec l’avancée en âge. Le vieillissement démographique des sociétés occidentales contribue à constituer les maladies chroniques – diabète, hypertension, cancer, maladies neuro-dégénératives… – en enjeux de santé publique de premier plan. Or, si l’épidémiologie, la gérontologie et la gériatrie se sont saisies depuis longtemps de cette question des relations entre âge – élevé – et maladie chronique, principalement sous l’angle des comorbidités, de la durée et de la qualité de vie des patients âgés, la sociologie du vieillissement s’est jusqu’à présent peu intéressée aux pathologie chroniques, et la sociologie de la santé et de la maladie a peu pris en compte la dimension de l’âge dans ses analyses des maladies chroniques. L’ambition de cette session est bien de penser ensemble chronicité et âge dans la construction sociale des maladies chroniques et dans le modelage des expériences individuelles de ces maladies au fil de l’avancée en âge. Très souvent, la centration sur la temporalité propre de la maladie chronique tend à l’abstraire des cadres temporels plus larges structurant les biographies. Les propositions pourraient ainsi contribuer à mettre en évidence les différences selon l’âge chronologique, biologique et subjectif dans l’expérience, la gestion et la construction sociale de différentes maladies chroniques, mais également des manières communes de composer avec la santé et/ou la maladie selon la position occupée dans le cycle de vie. Elles pourraient s’attacher à montrer les effets de l’âge ou de cette position dans les manières de négocier la vie quotidienne avec la maladie, dans la construction de « carrières de malades » ou de « trajectoires de maladie », dans les prises en charge professionnelles comme dans les dispositifs institutionnels. L’avancée en âge peut aussi être intégrée comme horizon qui modèle le rapport entretenu à la maladie prise comme une expérience non-linéaire, c’est-à-dire qui ne suit pas le modèle « symptômes, diagnostic, traitement, guérison/décès » et qui implique un véritable apprentissage afin de faire avec une évolution incertaine, imprévisible et, parfois, irréversible. Autour de cet argumentaire général, le questionnement est multiple : qu’en est-il des relations entre l’âge pris dans ses multiples dimensions et les maladies chroniques ? Quelles sont les valeurs, les normes et les représentations sociales qui les traversent ? Dans quelle mesure la comparaison de différentes maladies chroniques à un même âge de la vie ou d’une même maladie chronique à différents âges nous permettrait ainsi de progresser dans l’analyse tant de la chronicité que des attentes implicites, des normes et des valeurs qui construisent socialement les âges ? Comment l’âge intervient-il dans l’histoire de la maladie chronique des personnes singulières (comme facteur de risque d’exposition, face à la maladie diagnostiquée, ou encore, dans la gestion des interactions soignants/soignés) ? Pour la majorité des maladies chroniques, la survie est inversement proportionnelle à l’âge au diagnostic. Dans une perspective intersectorielle et au sein de la trajectoire d’une même maladie chronique, comment les disparités liées à l’âge croisent-elles d’autres disparités (genrées, générationnelles, etc.) ?

Si les travaux et les enquêtes sociologiques cherchent à rompre avec l’approche biomédicale, les nouveaux modes de financement de la recherche, mais également les démarches de terrain, amènent régulièrement les chercheur-se-s à se confronter à d’autres visions scientifiques de la vieillesse, issues d’autres disciplines, et même à collaborer avec des chercheur-se-s utilisant sans précaution, voire défendant jusqu’à un certain point, une définition biomédicale de la vieillesse. Quels sont les enjeux, les intérêts et les difficultés de telles collaborations ? Quels en sont les effets au regard de la « dénaturalisation » par le regard sociologique ? Contribuent-elles à une renaturalisation de la vieillesse ou du vieillissement ? Sous quelles modalités ? Il s’agit là davantage de réfléchir aux dimensions épistémologiques et aux effets théoriques des conditions pratiques de la recherche.

Les contributions pourront contribuer, en partie ou en totalité, à l’une ou à l’autre de ces deux perspectives.

Comme lors des précédentes éditions, le RT7 envisage d’organiser ses séances selon plusieurs formats : format congrès « classique » (communications de 20’, puis discussion générale) ; format de type « table ronde » (exposés courts de 15’, puis discussion initiée par un « discutant », les textes ayant préalablement été envoyés aux participants ou mis en ligne sur le site du réseau).

Cet appel à communications est bien sûr ouvert aux étudiants de 3ème cycle ainsi qu’aux sociologues exerçant des fonctions opérationnelles qui voudraient développer une analyse réflexive fondée sur leur pratique professionnelle. Les propositions que les uns et les autres pourront faire seront particulièrement bienvenues.

Les propositions de communication (1 à 2 pages) sont à adresser avant le 5 janvier 2015 à Aline Chamahian (aline.chamahian@gmail.com) et Isabelle Mallon (Isabelle.Mallon@univ-lyon2.fr).

La date de réception des propositions de communication a été reportée au 23 janvier 2015.

La sélection des propositions sera effective fin janvier. Il faudra alors enregistrer un résumé sur le site du Congrès à partir de mars.

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